Nous profitons de sa douceur de vivre...
Deambulons dans les rues pavees,
De son quartier boheme, parseme de galeries d art...
Revons devant les portes de ses eglises,
Dont l interieur est beaucoup trop cher a voir...
Debusquons de petites boutiques a l artisanat farfelu
Et des vendeurs de pierres precieuses dans la rue...
Des insectes presque invisibles dans des morceaux d ambre,
Et puis du brut, du poli, du sauvage et du reconstruit...
Evitons a chaque recoin une horde de femmes
Offrant des massages a bas prix...
Puis quittons un peu le coeur de ville
Et sa belle Plaza de Armas
Pour s echapper sur des chemins moins empruntes...
Traversons un immense marche couvert
Fruits et legumes...et toutes sortes de choses a deguster sur place.
C est etrange ici, chaque rue a sa specialite,
Il y a la rue des mecaniciens, la rue des pharmacies,
La rue des..., la rue des..., a vous de les inventer !
(mais ca nous rappelle un peu la grande rue des coiffeurs
de la Paz en Bolivie...)
Un petit jour de repit et nous voila reparties ! Direction le terminal de bus pour Abancay...
Sur le dos, des vivres, une tente, un duvet,
Des livres et un rechaud...
Nous partons pour Choquequirau !
5 jours de campement en pleine nature...
Apres quelques heures de route,
Arrivons au charmant petit village de Cachora,
Au milieu des mules, des vaches, des moutons,
Des poules et des cochons...
Le paradis pour Emir Kusturica !
Grignotons un delicieux petit plat
Chez une famille adorable et partons...
De nuit avec nos frontales,
Se trouver une place sous les etoiles...
La lune est pleine et eclaire
Une immense chaine de montagne enneigee
Qui semble presque irreelle...
Nous lui ferons face pour la nuit,
Le clair de lune remplace le feu de camp,
Et Benoit nous conte le roman de sa vie...
Il nous livre les confidences de ses aventures,
Ses souvenirs de voyages en solitaires ressurgissent,
Des anecdotes rocambolesques,
Nous eclatons de rire...
Il nous mime l histoire
Du petit tailleur de pierre
Qui voulait toujours plus de pouvoir,
Et celle du miroir de cette femme du desert...
Nous scrutons le ciel et filent des etoiles
Que le temps laissent trainer
Afin qu elles soient plus eternelles...
« Les nuits a la belle etoile seraient-elles nefastes ? La voute celeste ne rend-elle pas insomniaque ? Trop de beaute, trop de grandeur, Pour songer a dormir, Au milieu de ces prairies d etoiles... »
Le lendemain matin, nous epousons le chemin,
De cette vallee zebree de zig-zag
A arpenter de part et d autre d une riviere
Bien trop agitee...
Vallee a l allure d un livre a moitie ouvert,
Dont il faut dechiffrer les caracteres...
Des mules, a peine plus chargees que nous,
Nous depassent...
Descente interminable sur un chemin d eboulis
Et sous un soleil de plomb...
Il nous reste juste un peu d eau,
Recuperee au creux d un ruisseau...
Et nous tentons d ignorer
Les brulures sous nos pieds,
En revant a l oasis qui nous attends,
Un peu plus bas...
La journee s acheve enfin,
Dans cet endroit idyllique...
Un peu d eau, un tuyau au milieu de bambous ajoures,
Pour se doucher,
Et une surface plane pour s allonger...
Nous resterons quasiment 2 jours entiers, A se prelasser...
Campement de bric et de broc...
Un helicoptere dans une assiette,
Des petits soldats dans une foret de brins d herbe,
Une theiere renversee et quelques ecuelles sales,
Des chaussettes eparpillees et des bouteilles vides,
Des duvets qui prennent l air,
Sur le dos d une tente courbee...
Du linge qui seche aux branches d un arbre,
Une papaye ouverte qui se fait le point de ralliement
D enormes guepes,
Des sachets de pains, plus durs chaque jour...
Et comme principal repas, des paquets de riz
Que l on ne jettera pas sur les maries...
On est tellement bien,
Au milieu de ce desordre...
De longues siestes bercees de musiques douces,
Et des nuits bercees de cris d oiseaux et d ululements...
Les feuilles des arbres nous abritent des fleches de lumiere,
Et nous laissent entrevoir des miettes de ciel...
Des bras tendus de bananiers,
Leurs doigts qui s effleurent...
Et les mains celestes posent de l or dans nos regards...
Des arc-en-ciel fendent l azur,
Des colibris se delectent du fruit des fleurs,
Et les moustiques de notre peau sucree...
Murmure de nature,
Oreilles de cactus aux aguets,
Melodie de plenitude...
Le calme avant la tempete,
Qui nous ramenera au port...
Silhouettes funambules d arbres brules,
Sur le fil des montagnes,
Qui separe ciel et terre...
Ombres chinoises sur crepuscule endormi,
Et brise legere caressant nos visages reposes...
Chaque soir, c est la meme histoire...
La vallee tire son manteau de brume pour la nuit,
Elle le repand petit a petit,
Jusqu a recouvrir toutes les etoiles,
Et ne se devoilera qu au petit matin...
Une nuit d encre trop sombre,
Transformee en un ecran pale,
Ou l on peut projeter nos reves...
Et chaque soir, a l inverse des papillons,
Nous nous faufilons et retournons dans nos chrysalides de plumes...